Depuis sa création, l’Association MRM a acquis une expertise unique et reconnue dans le domaine du suivi de la reproduction. Les dispositifs de suivi ont un but majeur : obtenir un indice quantitatif de tendance qui doit permettre de mesurer l’efficacité des aménagements réalisés et à terme l’évolution du stock de l’espèce.
Le suivi de la reproduction est mis en place selon 2 étapes :
– Le repérage de frayères potentielles et actives
– Le suivi quantitatif de frayères actives
Sur un cours d’eau donné, le repérage des frayères consiste à observer l’ensemble des habitats physiques disponibles et à identifier parmi ces habitats ceux pour lesquels les caractéristiques apparaissent théoriquement favorables aux exigences écologiques de l’espèce considérée (hauteur d’eau, vitesse d’écoulement, composition de la granulométrie…).
La description des habitats physiques s’effectue généralement par prospection exhaustive des rivières et fleuves ciblés, à pied ou en canoë. L’identification des linéaires* à prospecter peut quant à elle être effectuée à partir d’images aériennes (orthophotoplan ou images satellites). Sur un cours d’eau donné, le repérage des frayères consiste à observer l’ensemble des habitats physiques disponibles et à identifier parmi ces habitats ceux pour lesquels les caractéristiques apparaissent théoriquement favorables aux exigences écologiques de l’espèce considérée (hauteur d’eau, vitesse d’écoulement, composition de la granulométrie…).
Schéma d’une frayère théorique d’alose ©MRM
Le suivi quantitatif des frayères d’aloses consiste en un comptage manuel nocturne des « bulls », soit visuellement si la nuit est claire, soit à l’oreille.
Longtemps porté par MRM, ces suivis sont désormais portés par la fédération de pêche de sur l’Ardèche, la fédération de pêche du Gard sur le Gardon et la fédération de pêche des Bouches-du-Rhône sur la Durance.
La maîtrise d’ouvrage de ce suivi est coordonnée techniquement par l’Association MRM.
Depuis 2014, le suivi de la reproduction de l’Alose sur le bassin Rhône Méditerranée est standardisé afin d’harmoniser l’effort de suivi sur l’ensemble des sites. Il s’agit de dénombrer les bulls de 22h30 à 4h, une nuit sur 2 pendant une période de 46 nuits entre avril et juin. Le nombre de bulls sur la saison est ensuite estimé par extrapolation.
Au delà de l’indice quantitatif, ce suivi apporte la connaissance et la compréhension des comportements de migration et de reproduction de l’Alose. Afin de réduire les coût et d’améliorer de la reproductibilité de la méthode à d’autres sites, l’Association MRM dévellope depuis plusieurs années un système de comptage automatique des bulls.
Depuis plusieurs années, Migrateurs Rhône Méditerranée développe un suivi acoustique pour étudier la reproduction des aloses.
Jusqu’à présent, les techniciens se rendaient directement sur le terrain, la nuit (entre 23h et 4h du matin), le long des cours d’eau, pour écouter les bulls d’alose, ces sons sont émis lors de leur reproduction.
Le suivi acoustique permet désormais d’enregistrer ces sons pour les analyser avec davantage de précision.
La méthode repose sur de petits boitiers équipés d’un microphone qui enregistrent automatiquement les sons présents dans les cours d’eau. Les données sont ensuite récupérées et analysées par les techniciens.
Pendant la période de reproduction des aloses (entre mi-avril et fin juin), les équipes techniques MRM installent les boitiers directement au bord des cours d’eau vers des frayères aloses.
Équipé d’une carte SD et d’un enregistreur, les boitiers fonctionnent automatiquement et enregistrent les sons de 23h à 4h du matin, lorsque les aloses sont susceptibles de se reproduire. L’enregistreur peut capturer jusqu’à 11 mètres du boitier, 6 mètres à sa gauche et 9 mètres à sa droite.
Toutes les deux semaines, les techniciens retournent sur place pour assurer la maintenance des boitiers et récupérer les données enregistrées.
Une fois les données récupérées, les enregistrements sont ensuite traités à l’aide de Bull-predict, une interface logicielle développée en 2023 par MRM en collaboration avec l’école des Mines à Alès.
Cet outil s’inscrit dans un travail de recherche engagé par MRM en 2019, en collaboration avec des spécialistes en informatique, afin de développer un algorithme capable de reconnaître automatiquement les bulls d’alose grâce à l’intelligence artificielle.
Chaque audio est découpé automatiquement en segments d’une heure afin de faciliter l’analyse. Le logiciel place des marqueurs lorsqu’il détecte un son qui pourrait correspondre à un bull d’alose. Mais, un marqueur ne signifie pas forcément qu’il s’agit d’un bull d’alose : d’autres bruits aquatiques peuvent être détectés ! C’est là que l’expertise technique des équipes MRM intervient…
Les enregistrements sont représentés sous forme de spectrogrammes. Ces graphiques permettent de visualiser les sons en fonction du temps et de leur fréquence. Chaque son y apparaît sous la forme d’une trace dont les caractéristiques peuvent aider à en identifier l’origine.
Les techniciens reprennent ensuite les enregistrements et écoutent les zones signalées par les marqueurs. Cette vérification permet de confirmer s’il s’agit réellement d’un bull d’alose ou d’un autre bruit ambiant.
Comme un bull d’alose dure généralement deux secondes, il dessine une trace nette sur le spectrogramme (allant de 100 à 7 000 Hz), facilement repérable pour les techniciens MRM.
Le suivi acoustique permet désormais d’enregistrer ces sons pour les analyser avec davantage de précision.