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Premiers retour d'expérience de l'utilisation de l'ADNe pour la Lamproie marine - 21/04/17


Depuis 2005, l'association MRM conduit un programme d'actions en faveur de la Lamproie marine afin d'acquérir un maximum de connaissances sur cette espèce et de mettre en place des mesures de gestions adaptées.

Malgré un programme d'actions mené sur plusieurs axes et à une large échelle territoriale, les observations et les captures de lamproies restent rares ces dernières années.

Face à ce constat, l'utilisation d'outils sensibles tel que l'ADN environnemental apparaît comme une solution possible pour identifier les secteurs où l'espèce persiste en Méditerranée.

 1-lamproie-marine

Lamproie marine
Photo MRM

2016 plaquetteaction adne 

ADNe ...Qu'est ce que c'est ?

L’ADNe est une technique relativement récente qui tend à se développer notamment pour détecter les espèces rares ou difficilement détectables.

La technique se base sur le fait que tout organisme libère de l'ADN dans son environnement. Dans les milieux aquatiques, les organismes piscicoles libèrent de l'ADN via des sources multiples, telles que la perte d'écailles, de cellules épidermiques, l'excrétion des fèces, la libération de gamètes ou la dégradation de leurs carcasses. Cet ADN libéré dans le milieu est appelé ADNe. Dans les milieux aquatiques, l'ADNe persiste et est détectable durant 1 à 25 jours après sa libération.

 

Une phase pilote ...

Cette technique n’avait jusqu’à présent pas été utilisée en France pour détecter la Lamproie marine.
En 2016, il s’agissait donc de mettre en place une phase pilote pour calibrer la détection de cette espèce et réaliser les premiers échantillonnages sur le bassin RM.

Au préalable, afin de séquencer l'espèce ou le groupe d'espèce (condition indispensable à la méthode utilisée), l'Association MRM a envoyé des fragments de tissus de 3 lamproies méditerranéennes à SPYGEN. Par ailleurs, trois autres fragments de lamproies de la façade atlantique ont été fournis par Guillaume EVANNO, chercheur de l'UMR Ecologie et santé des Ecosystèmes.

Pour la phase d'échantillonage, l’Association MRM a travaillé en partenariat avec LOGRAMI, association migrateur du bassin de la Loire, bassin versant accueillant actuellement la plus grosse population de Lamproie marine en France.
Sur ce territoire, 3 sites avec des abondances normalement différentes ont été échantillonnés pour établir une calibration de la détection de l'ADN de Lamproie marine. Les échantillonnages sur le bassin RM ont quant à eux été réalisés sur le Gardon et sur l’Aude.

Une espèce rare ...

Les résultats issus de cette première phase test sont mitigés.
Les sites prélevés sur le bassin RM n’ont pas permis de détecter la Lamproie marine. Ils confirment ainsi la rareté de l’espèce en Méditerranée.

Sur le bassin de la Loire, les prélèvements réalisés sur le site le plus amont qui correspond au front de colonisation de la Lamproie marine sur le bassin de l'Anglin n'ont pas permis de détecter sa présence. Sur les deux autres sites, les résultats sont positifs puisque l'ADN y est décelé.


Cette détection est cependant faible sur les deux sites et il est impossible d'identifier un secteur ayant une abondance plus importante de l'espèce.
De ce fait, les 3 sites échantillonnés ne permettent pas de réaliser de calibration.

Il semblerait donc que malgré une présence faible en lamproie, l’outil ADN permet de détecter cette espèce.

Malgré une première année en demi teinte, la détection de la Lamproie marine est effective sur des sites où l’abondance est faible. C’est pourquoi l’Association MRM prévoit en 2017, de réaliser des échantillonnages sur 5 sites du bassin RM et espère ainsi identifier des sites de présence de l’espèce.